Incisive

Mord où ça fait mal

Il était une fois l’Ogre : Harvey Weinstein


Le Roi Harvey


« If I were a rich man »

Chaim Topol dans "Un violon sur le toit" de Norman Jewison

Yubby dibby dibby dibby dibby dibby dibby dum

Max rentre, tard comme d’habitude, de son travail. Toute la journée, dix heures par jour, parfois douze heures, il taille des diamants pour un joailler de la 47ème rue, à New York. Toujours les mêmes gestes, la même position, le dos courbé. Toujours la même petite salle, à l’étage.

Alors Max rêve. Toute la journée il rêve, il élabore des plans, il met de l’argent de côté, il pense à sa famille – son diamant à lui – et il chante, de retour chez lui :

If I were a biddy biddy rich idle deedle, daidle daidle man

Il n’est pas très bavard, mais il aime imiter son acteur préféré, Chaim Topol, dans le film Un violon sur le toit : "Si j’étais riche..."

If I were a rich man

Ya ha deedle deedle, deedle deedle dum

All day long I'd biddy biddy bum

Il reproduit si bien les intonations et les gestes  de Topol que ses deux fils et sa femme rient. Lui aussi. De bon cœur. Sauf qu’au fond de lui, non, le cœur n’y est pas.

Si seulement, si seulement, si seulement yubby dibby dum, Max était riche. Il aurait, à écouter Chaim Topol, une belle maison, et une femme comblée, et les hommes importants viendraient lui demander conseil, comme à Salomon le Sage.

Mais surtout, s’il était riche, il deedle daidle biddy bum, toute la journée, comme dans la chanson.

Les fils écoutent. Le père est leur modèle.

Tous les samedis, tandis que la mère, habituellement omniprésente, passe plusieurs heures chez le coiffeur, Max emmène les garçons au cinéma. Un jour, poussé par Miriam, sa femme au caractère trempé, il se force et les force à passer l’après-midi dehors : cette fois-ci, ils iront pêcher.

Résultat : ils n’attrapent rien, l’eau est immobile, tout le monde silencieux – du même silence lourd, qui s’étire, lorsque Max, biddy biddy bum, s’échine à tailler ses pierres brutes.

Alors, c’est assez, ils retournent au cinéma. La nature est trop silencieuse. L’appartement, gouverné par Miriam comme un royaume, trop petit.

La salle noire, le projecteur, l’écran blanc, les images : voilà comment Max communie le mieux avec ses fils.

L’un des fils saisit peut-être mieux que son jeune frère le rêve, bien réel, et l’ambition tenace, derrière le rire.

Biddy biddy bum

Ce garçon, c’est Harvey Weinstein.

Quand le monde devient un théâtre où sur scène, grandissent les géants...

La vitrine

Harvey a 13 ans lorsque son père lance sa première entreprise.

Max, qui rêvait tellement d’être riche, a enfin son pas de porte – sa vitrine. Finies, les journées passées courbé. Maintenant, il tiendra la boutique !

Et l’idée de Max est aussi simple qu’elle est, à l’époque, originale : en plus des diamants, il vendra du jade.

Toute la petite famille suit l’aventure. Combien le père a-t-il fait de recettes ? Quels clients sont venus le visiter ?

Harvey est, durant une journée, l’enfant prodige : alors que son père s’est absenté, le garçon réalise une vente importante.

La vitrine attire. Elle attire même des clients célèbres, dont quelques têtes connues du cinéma.

C’est la consécration. Elle dure trois ans. Puis suit l’effondrement, inexorable : la concurrence se fait rude, et d’autres joaillers vendent du jade.

Le rêve est déjà clos. Max ferme boutique.


 

Alors qu’Harvey a 19 ans et son frère 17, le père tente une autre aventure : le diamant est mort, vive le diamant ! Cette fois, la richesse viendra des pierres synthétiques.

Une nouvelle vitrine est ouverte. Des étudiants sans le sou, qu’il forme lui-même, deviennent les figurants du second rêve de Max.

L’ambiance surprend : derrière la nouvelle vitrine, pas de silence, pas de Juifs hassidiques en costume noir. Dans l’atelier de Max Weinstein, on taille des joyaux synthétiques sur les tubes des Who et des Pink Floyd.

Parmi ces ouvriers travaillent ses fils : Harvey un été, avant sa rentrée universitaire, et huit mois durant, le second fils, Bob.

 

Et la leçon, pour Bob, est rude… Au bout des huit mois de travail, il ne touche pas un centime du salaire convenu : son père a tout réinvesti dans l’affaire.


Les Big Boys

« C’est pour le bien de la boutique », explique le père à son fils Bob.

Le raisonnement paraît féroce. Pour Max, cependant, il ne l’est pas.

La boutique, c’est le rêve familial, l’idée de s’élever, de réussir, de devenir tous ensemble des « big boys ».

Max ne veut pas que ses garçons deviennent des hommes courbés que d’autres exploitent. Qu’importe, de sacrifier un an de salaire. Qu’importe, si la leçon, pour Bob, est difficile.

Lorsqu’ils étaient adolescents, il a emmené dans son bureau ses deux fils et, solennellement, les a fait s’asseoir l’un à côté de l’autre, devant lui.

Les deux garçons se souviendront de ce moment, de sa gravité, de l’air lourd, autour d’eux, leur vie entière.

« Mes enfants, dit Max, n’oubliez jamais que vous êtes une famille. »

Il leur demande de réussir, « ensemble », soudés. Il leur donne pour modèle les frères Kennedy.

« Vous pouvez devenir aussi connus que les frères Kennedy, avoir autant de succès qu’eux », leur dit-il.

Les frères Kennedy : le modèle à suivre, pour les frères Weinstein

Il ancre dans la tête de ses enfants que la réussite est possible : une réussite rapide, éclatante.

Être biddy biddy riche, et avoir son nom sur une devanture et dans les journaux – et sur des écrans.

Devenir des « big boys » : les frères n’oublieront pas.


Miramax

Le 1er juin 1976, à trois jours de ses 52 ans, Max Weinstein décède d'une crise cardiaque. Harvey a 23 ans, Bob 21.

Harvey est alors promoteur de concerts à Buffalo, dans l’État de New-York.

Il s'est lancé en 1969, avec un ami, Corky Burger, et seulement 2.500 dollars en poche - et ça marche.

A Buffalo, Harvey and Corky Production a accueilli - entre autres vedettes - Frank Sinatra, Mick Jagger, The Police, Genesis, Aerosmith ou encore les tout jeunes U2.

Mickey H. Osterreicher, à l'époque jeune photographe de presse à Buffalo, se souvient d'un Harvey pompeux, égocentrique, obnubilé par sa carrière.

Bob le rejoint et travaille avec lui.

Cependant, si Harvey  et Bob n'ont pas oublié le vœu de "success story" familiale de leur père - ils n'ont pas oublié non plus son amour (et le leur) pour le cinéma. 

Trois ans après la mort de Max, ils créent ensemble les studios de production et distribution Miramax, sur Madison Avenue, à New York.

Miramax, c'est l'hommage des frères Weinstein à leurs parents : Miriam et Max.

La mère, Miriam - qu'Harvey surnomme "Maman Portnoy" en référence à la mère juive un tantinet castratrice de la Complainte de Roth -  y sera, une fois de plus, omniprésente : jouant les secrétaires, régalant tout le monde de pâtisseries, prenant des nouvelles de chacun, appelant ses deux fils "les enfants", et vantant à tout-va leurs mérites.

Miramax distribue d'abord des tournages de concerts puis, très vite, des petits (et moins petits) films indépendants.

Harvey est le "monsieur relations publiques" du duo, le "showman" : comme, à 13 ans, il avait vendu un diamant, il vend maintenant des films ciselés.

Pour comprendre comment ce géant à l'ambition insatiable en est venu à s'intéresser particulièrement aux films "d'auteur", il faut revenir au premier coup de cœur cinématographique de son adolescence  pour Les Quatre Cents Coups de François Truffaut.

Les 400 coups de François Truffaut : le premier coup de cœur d'Harvey Weinstein

Harvey raconte avec plaisir, à qui veut l'entendre, l'anecdote : alors qu'il croyait, avec des copains, découvrir un film "pour adultes", il s'est retrouvé devant un film d'art et essai - les copains dépités se sont sauvés, Harvey est resté.

Truffaut fut le cinéaste qui le premier murmura à l'oreille de Weinstein. Pour quelle raison profonde ? Quelle fibre a-t-il, chez le jeune adolescent, su toucher ? Harvey le sait seul - l'amour, en tout cas, lui est resté. Ainsi naquit la "passion indé" de Miramax.

De Bob, on dit qu'il est le "quiet brother". Et curieusement, c'est ce "frère tranquille" - le plus discret des deux - qui prendra en charge les films "de genre" (horreur, science-fiction) et plus "commerciaux" de la société, comme Scary Movie 1 et 2 et les trois Scream.

Capture d'écran - logo (c) Miramax

En 1989, Miramax distribue aux Etats-Unis Cinema Paradiso (qui décroche l'Oscar du meilleur film étranger) et produit deux succès cinématographiques : My Left Foot (adaptation à l'écran de la biographie best-seller du peintre paralytique Christy Brown) et Sexe, Mensonges et vidéo, réalisé par Steven Soderbergh, dont c'est le premier long-métrage. Le premier remporte les Oscars du meilleur acteur et du meilleur second rôle, et le second reçoit la Palme d'Or et un prix d'interprétation à Cannes.

1992 est l'année de la sortie du très remarqué Reservoir Dogs (qui sera la première d'une longue suite de collaborations entre Tarentino et les Weinstein) et de The Crying Game, mais aussi de la création de la filiale de Miramax : Dimension Films.

Reservoir Dogs (1992) est un des premiers grands succès de (c) Miramax

En 1993, Miramax est rachetée par Disney (les frères la dirigeant toujours) pour... 80 millions de dollars.

Et les productions (et distributions) à succès s'enchaînent :

  • - 1994 : Pulp Fiction et The Crow
  • - 1996 : Trainspotting, Le Patient anglais, Basquiat et Scream 
  • - 1997 : Will Hunting, La Vie est belle, Jackie Brown, Scream 2
  • - 1998 : Princesse Mononoké, Shakespeare in love
  • - 1999 : L'Oeuvre de Dieu, la part du Diable et Le talentueux Mr Ripley
  • - 2000 : Scary Movie et Scream 3
  • - 2001 : Le Chocolat, Amélie Poulain (quoique ce soutien bénéficiera peu à Jeunet, nous en reparlerons) et Spy Kids
  • - 2002 : Chicago et Gangs of New-York
  • - 2003 : Kill Bill vol. 1
  • - 2004 : Retour à Cold Mountain, Neverland, The Aviator, Kill Bill vol. 2
Shakespeare in love, 9ème place au Box-Office 98, Oscar du meilleur film en 1999

Et le premier ingrédient de la potion magique de Miramax, c'est le flair de l'ogre Harvey Weinstein.

Harvey sait que pour faire un diamant facetté, il faut déjà repérer le diamant brut : pour cela, il passe au peigne fin les festivals et aborde avec fougue les jeunes réalisateurs inconnus, comme Tarentino ou Soderbergh.

Harvey ne fait pas connaissance : il s'impose avec la délicatesse d'une masse s'élançant sur un mur plâtré. Sûr de lui, empressé, volontiers hâbleur, parfois vulgaire.

Je ne sais pas d'où vous sortez, mais j'aime ce putain de scénario ! lance-t-il, enthousiaste, au duo Affleck-Matt Damon, alors qu'ils désespèrent de faire financer Will Hunting.

« Sexe, mensonges et Hollywood », de Peter Biskind - Le Cherche Midi.

En 2003, Miramax s'implique dans la production de Fahrenheit 9/11, le documentaire-brûlot de Michael Moore.

Disney refuse de le distribuer aux États-Unis (pour des raisons que les uns pensent financières, et que d'autres supposent politiques -précisons que la Floride finance un parc d'attraction Disney et que le gouverneur de Floride, de 1999 à 2007, n'est autre que le frère cadet de George W. Bush - mis en cause dans le documentaire).

Têtus autant qu'indisciplinés, les frères Weinstein (ouvertement démocrates – j’y reviendrai) rachètent les droits du film de Moore et le distribuent en partenariat avec Lionsgate, une société canadienne.

Couronnement de leur obstination : Fahrenheit 9/11 remporte la Palme d'Or à Cannes et fait un carton au box-office - jusque dans l'Amérique "profonde".

En 2005,  Harvey et Bob  quittent Miramax - emmenant avec eux leur filiale Dimension Films.

Daniel Battsek, nommé par Disney, prend le contrôle de Miramax - dont Disney gèrera le catalogue.

Cinq ans plus tard, Miramax est de nouveau à vendre : les frères, pressés par Miriam, songeront, un moment, à la racheter - ils ne le feront pas.


The Weinstein Company

Le logo de la Weinstein Company (TWC)

En 2005, les frères Weinstein créent la Weinstein Company (TWC) avec un financement de la Goldman Sachs et l'appui de quelques mastodontes (TF1 et LVMH, notamment).

Parmi d'autres nouveaux visages (la TWC compte 5 dirigeants et une centaines de salariés) un second personnage haut en couleurs se joint à cette nouvelle aventure : Tarak Ben Ammar.

Tarak, c'est le fils d'un ancien ministre tunisien et d'une mère corse, devenu homme d'affaires (conseiller du groupe Vivendi) et producteur et distributeur de films.

Un de ses tours de force lors de ses débuts, en 1977 : avoir vendu la planète Tatooine (ou plutôt de la ville de Tataouine) à George Lucas.

Tarak Ben Ammar avait "vendu" Tatooine à George Lucas, pour Star Wars

Dès 2005, la Weinstein Co. se lance avec Dérapage, Transamerica, et produit le réalisateur britannique Stephen Frears.

En 2006, la société signe un partenariat de distribution avec la Metro-Goldwyn-Mayer.

La même année, les frères s'associent avec Robert L. Johnson pour créer Our Stories Films, une société-sœur de la TWC, spécialisée dans la production et la distribution de films afro-américains - et participent au lancement d'une chaîne câblée spécialisée dans les arts.

La Weinstein Company s'investit également dans la distribution de films en vidéo (par exemple avec la "Miriam Collection) et créé le label "Dimension Extrême", spécialisée dans les films d'horreur non-américains ou indépendants.

Rapidement, TWC  chausse les bottes de sept lieues de Miramax avec :

  • - En 2009 : Inglorious Basterds
  • - En 2010 : Le Discours d'un roi
  • - En 2011 : The Artist
  • - En 2012 : Happiness Therapy et Django Unchained
  • - En 2013 : Le Majordome
  • - En 2015 : Les Huit Salopards
  • - En 2016 : Lion

Parallèlement, du partenariat établi entre MGM et Dimension Films (maintenant filiale de TWC) naissent un remake d'Amityville (2005), numéro 1 au box-office lors de sa sortie, le quatrième volet des Scream (2011) - tout juste rentable -  ou encore une adaptation (2007) de la nouvelle Chambre 1408 de Stephen King.


Une réussite, donc, cette conquête d'Hollywood par les frères Weinstein ?

Oui - et quelle réussite !

Faisons le compte.

Au total (entre Miramax et TWC) : 303 nominations, 86 Oscars, une palme d'Or, des prix en cascade.

Un exemple du pouvoir d'Harvey ? Prenez notre bien français (quoique tourné à Los Angeles) The Artist.

Le film est écrit et réalisé par un Français (Michel Hazanavicius), produit par un Français (Thomas Langmann), les rôles principaux sont interprétés par des Français (Jean Dujardin et Bérénice Béjo).

A l'automne 2011, Weinstein, qui visionne l'OVNI en avant-première,  rachète les droits étrangers du film et investit la bagatelle de 10 millions de dollars (certaines sources avancent le double), soit quasiment le budget du film, pour le promouvoir aux US.

Harvey emmène le film de festival en festival : Festival international du film à Chicago, Festival du film de Telluride, Festival international du film de Palm Springs, met en avant les co-stars américaines, séduit le jury (fortement masculin) des Oscars, dissimule volontiers que le film est français, mise sur son aspect "hollywoodien", fait du chien Uggie une vedette, monte d'énormes campagnes publicitaires et s'offre la caution de deux des petites-filles de Chaplin (parce que le film - hommage au muet - se prête bien à ce genre de marrainage).

Voyez-vous, l'immense machinerie que représente une distribution et une promotion efficaces ? Lobbying, opérations séduction, battage médiatique, relations presse, activation de réseaux, dîners, projections. Du grand art - qui va bien au-delà du "septième art" - et cet art des "affaires", Harvey le maîtrise.

En vérité, la promotion sera plus qu'efficace. Vous souvenez-vous du succès de The Artist ? De la façon dont on ne parlait plus que du film, début 2012, et de Jean Dujardin, sur toutes les chaînes ?

The Artist dépasse les 13 millions d'entrées hors de la France et rafle plus de cent récompenses : Golden Globes, British Academy Awards, César, Oscars.

Pour la première fois, un acteur français - Jean Dujardin - remporte l'Oscar du meilleur acteur aux États-Unis. Hazanavicius rafle l'Oscar du meilleur réalisateur devant Scorcese et Woody Allen. Bérénice Béjo sera quant à elle sacrée "meilleur second rôle féminin" aux Golden Globes. Même le chien aura son "Collier d'Or".

Ce feu d'artifice cinématographique n'est qu'un exemple parmi d'autres, nombreux, de l'étonnante "magie Weinstein" (même si le succès de The Artist ne s'y résume pas) : la TWC distribuera d'autres films français connus comme Amélie Poulain (avec un bémol, je vais y revenir), Ridicule ou Intouchables.

Harvey semble transformer en or - si ce n'est en diamant - tout  ce qu'il touche.

Le vœu de Max s'est réalisé : ses fils sont devenus des "big boys"...


Harvey Weinstein : succès, honneurs, richesse... que lui manque-t-il ?

Le roi Harvey

Il faut imaginer ici - avant sa chute - la puissance de colosse d'Harvey Weinstein.

Non seulement les récompenses pleuvent sur quasiment tous les films qu'il promeut, mais il reçoit les honneurs lui-même :

  • - Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique (2004)
  • - La Légion d'honneur (2012)
  • - Distinction du Centre Simon-Wiesenthal (2015)
  • - Truthteller Award par le club de la presse de Los Angeles (en juin 2017 - soit 4 mois avant que n'éclate le scandale)

Sans compter (avant sa déchéance) une fortune personnelle estimée à 300 millions de dollars.

Harvey a soutenu Bill Clinton, Barack Obama et, plus récemment, Hillary Clinton (en 2016)

En tant que donateur fortuné du Parti Démocrate, Weinstein est aussi intimement lié à plusieurs grandes figures politiques, comme les Clinton ou les Obama (en début d'année 2017, il procurera d'ailleurs un stage à leur fille Malia dans le service marketing de ses studios).

Selon CNN (dont la source est le Center for Responsive Politics), Harvey a fait plus de 350.000 dollars de dons aux candidats démocrates et à leurs organisations.

Alors qu'elle accueille des étudiants de Washington D.C., Boston et New York à la Maison Blanche pour un grand atelier traitant des opportunités dans l'industrie cinématographiques, Michelle Obama commence par honorer Harvey Weinstein :

"Harvey. Tout cela est possible grâce à Harvey. C'est une personne merveilleuse, un bon ami, et un puissant catalyseur" [pour nous tous].

Michelle Obama, Student Film Symposium, Maison Blanche, 08/11/2013

Le "catalyseur" tant loué par la First Lady finance à grands frais la lutte contre le SIDA et s'engage publiquement dans diverses causes progressistes : l'antiracisme, le positionnement contre la peine de mort et la prolifération des armes à feu, l'aide aux plus pauvres mais aussi... le féminisme (ne riez pas).

Par le biais de (gros) chèques à des œuvres variées, et de présence remarquée à diverses soirées de bienfaisance, il ajoute ainsi des dorures socialement bien vues à sa couronne.

Dans la même logique, au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, il s'érige (de loin) comme un chantre de la liberté d'expression - et de l'alliance du "Bien" contre le "Mal".

A l'instar du sémillant BHL, Weinstein brandit volontiers le sceptre du "bien" contre le "mal"

Il sympathise aussi, via Le Serment de Tobrouk (dont il achète les droits d'exploitation aux USA), avec notre médiatiquement incontournable pourfendeur du mal en chemise blanche: BHL.

Harvey est roi, mais attention, c'est un roi qui brandit un sceptre moral.

Comment ce roi est-il, parallèlement, devenu un ogre ?

C'est ce que, maintenant, nous allons voir.

(à suivre)

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