Incisive

Mord où ça fait mal

A propos d’Incisive

Avez-vous lu la Charte d'Incisive ?

Si ce n'est pas le cas, je vous invite, en tout premier lieu, à le faire.



A propos de l'hominidae derrière le requin :

D'où je viens

Il paraît qu'il faut détailler d'où l'on vient pour bien définir où l'on va.

Soit. Faisons ainsi.

J'ai grandi dans une soupe militante. A 6 ans, je partais en tournée sur le porte-bagage de ma mère : on collait, avec des fâchés en t-shirt rouge, des affiches. Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes, eh bien moi, si, j'ai eu cette chance.

Il m'en est resté quelque chose : un souci d'équité, de justice.

Mon premier souvenir politique, gosse, était l'élection de Mitterand (ce qui vous donne une idée de mon âge). J'avais fait des tracts maison, coloriés au feutre, avec une copine. Nous les avions lancés, comme des confetti, par la fenêtre (ça s'appelle les "moyens du bord"). Nous avons été grondées, pour la forme. En fait, la parentèle était fière, je crois.

Mitterand a trahi. La gauche a trahi. Elle est devenue de droite.

Mon idée de la droite, c'était un grand chauve imité par Le Luron, qui faisait des drôles de bruits avec sa bouche et parlait en faisait chachacha.

Mes grands-parents lisaient deux journaux : Témoignage Chrétien, et le Canard Enchaîné. Ma mère, qui a maintenant l'âge qu'avaient alors mes grands-parents, ne manque jamais - jamais - un Canard.

J'ai demandé à ma mère pourquoi donc ma grand-mère aimait Témoignage Chrétien. Elle avait commencé par le critiquer, puis elle y avait pris goût, j'ai cru comprendre.

Je viens d'une vie toute déchiquetée, depuis l'enfance. La première dénonciation envers une personne qui m'avait en garde remonte à quand je ne savais même pas parler, ni me tenir seule debout. J'étais laissée des heures entières nue sur le paillasson du palier. Le reste a suivi, au fil des années. Des abus, de toutes sortes.

Ma mère n'avait pas les moyens, ni le temps, ni la patience, ni non plus le contexte idéal. J'ai échoué comme le fait un coquillage, une fois ici, une autre là.

Je n'en veux plus à personne - le passé est le passé.

Mais je garde le souvenir. Je garde les traces. Je sais, dans ma chair, et dans mes synapses, ce qu'est un trauma. Je sais à quel point il perdure.

Je boîte mentalement - c'est ce que je dis, maintenant. Je clopine.

J'ai fait mes études à Paris 8, section audiovisuel & cinéma. J'ai porté, durant quelques années, diverses casquettes (figurante, silhouette, perchiste, casteuse, assistante de production, assistante réa) sur plusieurs tournages.

Je me suis reconstruite un temps dans la vie religieuse - j'étais aspirante. J'aimais le Carmel, ou plutôt l'idée du Carmel, du silence, mais je n'osais pas le dire - même pas à moi-même.

Puis je me suis fâchée avec la foi. En particulier avec la notion de prosélytisme.

Je suis partie un an (avec quelques coupures - il faut toujours que je coupe tout) en Israël.

J'ai vécu entourée de Juifs - quelques collègues moyennement sympas, un psychopathe un brin flippant, et beaucoup de gens magnifiques - mais aussi de druzes et de chrétiens. D'Arméniens. Et d'Arabes athées.

Je suis restée très attachée à Israël - à Jérusalem en particulier.

Je suis revenue en France. J'ai intégré le dispositif "Emploi Jeune", dans un lycée, puis dans une école. J'ai travaillé deux ans avec deux jeunes Turques musulmanes. J'ai trouvé leur éthique de vie belle.

J'ai travaillé ensuite dans un restaurant-bar roumain.

Puis dans le télémarketing. Décérébrant.

Un premier éditeur a publié un de mes textes (une fiction courte) alors que j'avais 27 ans.

J'ai continué à écrire.

Je lis. Tout. En vraie boulimique.

 

Où je vais.

Je crois toujours à la justice sociale.

Je m'insurge de toute ma force contre une société maltraitante.

Je crois qu'il faut dénoncer les dérives et comportements criminels.

Parmi eux, la violence sociale.

Parmi eux, aussi, la pédocriminalité.

Je crois toujours en l'au-delà, à ma manière.

Je crois, malheureusement, que le mal existe. Et je crois qu'il faut braquer dessus la lumière.

C'est ce que je m'efforcerai de faire ici.

 

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